Depuis lâatelier de forge bourguignon oĂč sâillustra jadis Hubert Rougeot jusquâaux pĂŽles high-tech que le groupe pilote aujourdâhui Ă Lyon, Rennes ou Dijon, les trajectoires des femmes et des hommes qui composent lâ« esprit Rougeot » racontent la mutation dâun secteur en Ă©bullition. AprĂšs avoir recrutĂ© 155 collaborateurs en sept ans et absorbĂ© des entitĂ©s reconnues, lâentreprise familiale mĂȘle dĂ©sormais gĂ©nie civil, Ă©nergies renouvelables et ingĂ©nierie viticole, tout en rivalisant avec Vinci Construction, Bouygues Construction ou Eiffage Construction. Portraits croisĂ©s de spĂ©cialistes qui, chacun Ă leur façon, ont contribuĂ© Ă faire grimper le chiffre dâaffaires bĂątiment de 12 % Ă 30 % entre 2018 et 2024, transformant un acteur rĂ©gional en vĂ©ritable laboratoire de la construction 4.0.
Héritage Rougeot et genÚse des talents en construction
Si les coteaux de Meursault pouvaient parler, ils raconteraient lâĂ©popĂ©e dâune famille passĂ©e du sillon des vignes Ă la tranchĂ©e des grands chantiers. Tout dĂ©marre en 1960 quand Hubert Rougeot, viticulteur, acquiert un bulldozer pour drainer ses parcelles. Le geste, anodin en apparence, sĂšme la graine dâune entreprise de travaux publics qui compte 1 890 salariĂ©s en 2025, soit dix fois plus quâau dĂ©but des annĂ©es 2000. LâĂ©cosystĂšme rĂ©gional, historiquement dominĂ© par les gĂ©ants Colas, Eurovia et NGE, voit Ă©merger un challenger prĂȘt Ă casser les codes, notamment grĂące Ă une stratĂ©gie de diversification entamĂ©e en 2017 : construction de bĂątiments tertiaires, rĂ©habilitation dâouvrages dâart et dĂ©veloppement de filiĂšres hydrogĂšne.
Pour comprendre comment une PME endogĂšne concurrence aujourdâhui Spie Batignolles ou Fayat, il suffit dâobserver la mĂ©canique de recrutement.
- đ 155 embauches entre 2017 et 2024, dont 64 % de profils ingĂ©nieurs.
- đ 12 nationalitĂ©s reprĂ©sentĂ©es, un record parmi les entreprises familiales rĂ©gionales.
- đ Partenariats avec trois Ă©coles : INSA Lyon, ESTP Paris, Arts & MĂ©tiers.
- đĄ 1 programme interne « LabâRouge » pour breveter des bĂ©tons bas carbone.
- đ€ Mentorat croisĂ© avec des seniors ayant plus de 30 ans de terrain.
Le fil rouge : la transmission. Chez Rougeot, on confie dĂšs la premiĂšre annĂ©e Ă un junior la codirection dâun sous-chantier, Ă condition quâil suive un parrain expĂ©rimentĂ©. Cette culture du compagnonnage modernisĂ© sĂ©duit les profils avides dâautonomie, comme le confirme LĂ©a, 26 ans, chef de projet fluide : « On vit un accĂ©lĂ©rateur de carriĂšre, sans renoncer Ă lâexigence technique. » Lâambiance familiale nâexclut pas lâexcellence ; les process BIM sont aussi stricts que sur un site de Demathieu Bard.
Nom | Spécialité | Projet clef | Emoji |
---|---|---|---|
Christophe Rougeot | Diversification énergétique | Lumen Lyon | ⥠|
Lydia Gandin | Canalisations & VRD | Grand Dijon Hâ | đ§ |
Michel Ruiz | Ouvrages complexes | Passerelle Antipode | đïž |
Sophie Bongarzone | Planning urbain | Ămergence Lafayette | đ |
Adrien Rougeot Viti | BĂąti-viticole | Cave connectĂ©e 4.0 | đ |
ImĂšne Benali | IngĂ©nierie bas carbone | Campus HydrogĂšne | đ± |
Thierry DesĂ©rtot | RĂ©seaux enterrĂ©s | Liaison fibre 5G21 | đ |
Lucie Moreau | BIM & jumeaux numĂ©riques | Smart-Pont Beaune | đ„ïž |
Cette cartographie humaine, Ă©picĂ©e dâemojis pour mieux capter lâĆil, prĂ©pare le terrain aux portraits dĂ©taillĂ©s des experts qui suivent. Prochain arrĂȘt : focus sur le PDG qui a propulsĂ© la marque dans lâĂšre de lâhydrogĂšne.
Christophe Rougeot : stratÚge de la diversification énergétique
Ă 55 ans, celui que la presse locale surnomme le « bĂątisseur voltigeur » jongle entre rĂ©unions sur lâhydrogĂšne vert et dĂ©gustations de blancs bourguignons. Son bureau, tapissĂ© de plans BIM et de photos dâĂ©oliennes, incarne le virage pris dĂšs 2018 : aller chercher des relais de croissance hors du giron classique des routes. « Il nây a plus de LGV Ă construire », martĂšle-t-il lors dâune confĂ©rence aux cĂŽtĂ©s de dirigeants de Eurovia et Bouygues Construction. Ce constat lâa conduit Ă trois dĂ©cisions clĂ© :
- đ Racheter des PME expertes â 6 acquisitions en cinq ans, dont la sociĂ©tĂ© Ruiz rebaptisĂ©e Ruiz by Rougeot.
- ⥠Fonder un pĂŽle Ă©nergie pour dĂ©velopper des fermes photovoltaĂŻques et un projet pilote dâhydrogĂšne dĂ©carbonĂ© Ă Dijon.
- đ Miser sur la data pour optimiser les engins : capteurs IoT, jumeaux numĂ©riques et algorithmes de maintenance prĂ©dictive.
La premiĂšre opĂ©ration spectaculaire survient en janvier 2019. Lâentreprise de gros Ćuvre Ruiz compte 50 collaborateurs, un savoir-faire bĂ©ton et 10 M⏠de chiffre dâaffaires. LâintĂ©gration est plus quâun achat ; câest une passerelle vers les chantiers complexes de pĂ©riphĂ©rie lyonnaise. Christophe retient la leçon des majors â Vinci Construction en tĂȘte â qui pratiquent depuis longtemps une croissance externe ciblĂ©e. Son crĂ©do : petite taille, forte spĂ©cialitĂ©, rapide assimilation.
En coulisse, lâhomme dĂ©fend une vision articulĂ©e autour de trois piliers.
- đŹïž Ăolien et hydrogĂšne : tester la production locale pour abaisser la facture carbone des futurs bĂątiments hĂ©bergeant 2 000 usagers.
- đïž MixitĂ© fonctionnelle : le chantier Ămergence Lafayette Ă Lyon associe logements, commerces et un hub de mobilitĂ© douce.
- âïž Lean construction : inspirĂ© du Toyota Production System, il applique le just-in-time pour rĂ©duire de 18 % les dĂ©chets de chantier.
Pour convaincre les municipalitĂ©s, il sâappuie sur des chiffres parlants : lâoutil dâanalyse interne estime que chaque euro injectĂ© dans un bĂąti bas carbone gĂ©nĂ©rerait 1,7 ⏠de retombĂ©es locales en cinq ans. Les Ă©lus raffolent du ratio, les financeurs privĂ©s aussi. RĂ©sultat : 12 contrats signĂ©s depuis 2022 sur lâaxe Dijon-Besançon.
LâĂ©tĂ© 2024 marque une Ă©tape mĂ©diatique. InvitĂ© sur le plateau de BFM Business, Christophe Rougeot dĂ©bat avec un dirigeant de Spie Batignolles. Il rappelle que la construction reprĂ©sente 38 % des Ă©missions mondiales de COâ et propose une « taxonomie positive » valorisant les entreprises rĂ©duisant 30 % dâĂ©missions par chantier. Les rĂ©seaux sociaux sâenflamment, le hashtag #BĂątirDĂ©carbonĂ© atteint 2 millions dâimpressions.
Au sein des Ă©quipes, son leadership se traduit par une « bulle de crĂ©ativitĂ© » : deux heures hebdomadaires oĂč ingĂ©nieurs et compagnons planchent sur des solutions maison. Les meilleures idĂ©es â un coffrage rĂ©utilisable vingt fois, un drone de cartographie Hâ â reçoivent un « budget Ă©claireur ». Lâinitiative rappelle le fameux « 20 % time » de Google, appliquĂ© ici Ă la bĂ©tonneuse et Ă la shaperoute.
La section suivante plonge dans la technicitĂ© des rĂ©seaux humides avec lâingĂ©nieure qui a ressuscitĂ© la marque DĂ©sĂ©rtot.
Lydia Gandin : ingénieure terrain & subtilités des canalisations modernes
Chez Rougeot, la saga des Gandin commence par une histoire de tuyaux, se poursuit par des capteurs et sâachĂšve (provisoirement) dans le cloud. Lydia, 38 ans, dirige la filiale spĂ©cialisĂ©e dans les rĂ©seaux humides, ex-DĂ©sĂ©rtot. Sa journĂ©e : un cafĂ© serrĂ©, un coup dâĆil aux datas de dĂ©bit, puis dix kilomĂštres de tranchĂ©es VRD Ă inspecter. Le tout, casque rose sur le chantier â un clin dâĆil aux clichĂ©s quâelle adore dĂ©construire.
Lâentreprise a gagnĂ© le marchĂ© « Grand Dijon Hâ », visant Ă transformer 60 % des bus urbains en vĂ©hicules pile Ă combustible dâici 2027. DerriĂšre la vitrine Ă©cologique se cache une question technique cruciale : comment limiter les pertes dans des conduites expĂ©diant de lâhydrogĂšne sous 30 bars ? Lydia sort sa botte secrĂšte : un revĂȘtement polymĂšre dĂ©veloppĂ© avec le CNRS, rĂ©duisant la permĂ©abilitĂ© de 40 %. Elle synthĂ©tise sa mĂ©thode en cinq Ă©tapes.
- đ§Ș Analyse de sol : corrĂ©lation argile/effusivitĂ© pour Ă©viter la fissuration.
- đŹ Choix du polymĂšre : copolymĂšre PVDF-PTFE stabilisĂ© Ă 120 °C.
- đ» ModĂ©lisation via COMSOL : prĂ©-stress du tube pour anticiper lâĂ©vent.
- đ Pose en tranchĂ©e ouverte Ă la suĂ©doise pour limiter lâemprise fonciĂšre.
- đĄ Monitoring IoT : bracelets acoustiques dĂ©tectant la moindre micro-fuite.
Le rĂ©sultat impressionne les collectivitĂ©s : zĂ©ro incident enregistrĂ© depuis 21 mois. Ce succĂšs illustre la doctrine « fail fast, fix faster ». Lydia teste, sâautorise lâerreur contrĂŽlĂ©e, puis corrige plus vite quâune mise Ă jour de smartphone. Ce tempo contraste avec les cycles classiques observĂ©s chez Colas ou NGE.
Pour Ă©vangĂ©liser ses mĂ©thodes, elle anime des webinaires que suivent 400 techniciens en France et en Belgique. Lâun dâeux, dĂ©diĂ© Ă la transition « GNR â Hâ » des pelles hydrauliques, a Ă©tĂ© relayĂ© par la newsletter de la FĂ©dĂ©ration Nationale des Travaux Publics. La boucle est bouclĂ©e : la filiale, naguĂšre cantonnĂ©e aux canalisations rurales, devient laboratoire de la ville rĂ©siliente.
ParamĂštre | Avant optimisation | AprĂšs optimisation | Gain | Emoji |
---|---|---|---|---|
Taux de fuite | 2,5 % | 0,3 % | -88 % | đ§ |
Temps de pose/100 m | 12 h | 7 h | -41 % | â±ïž |
Ămissions COâ | 52 kg | 27 kg | -48 % | đ |
CoĂ»t global | 42 k⏠| 33 k⏠| -21 % | đ¶ |
Les chiffres parlent, les emojis ponctuent : lâingĂ©nierie de rĂ©seau nâa jamais Ă©tĂ© aussi glamour. Reste Ă dĂ©couvrir comment le maĂźtre-maçon Michel Ruiz marie tradition et haute voltige sur Ămergence Lafayette.
Michel Ruiz : de la maçonnerie traditionnelle Ă lâouvrage complexe
Michel Ruiz a la poignĂ©e de main ferme des tailleurs de pierre et le jargon pointu dâun expert en CND ultrasonique. Avant son rachat, la PME familiale fondĂ©e par son grand-pĂšre rĂ©novait des clochers romans dans lâAin. Depuis lâintĂ©gration au groupe Rougeot dĂ©but 2019, Michel orchestre des structures en BFUP (bĂ©ton fibrĂ© ultra-hautes performances) sur des passerelles de 40 m dâenvergure. Sa devise tient en deux mots : « Ancrer & oser ».
Dans le chantier Ămergence Lafayette Ă Lyon, Michel gĂšre les interfaces entre gros Ćuvre, charpente mĂ©tallique et façades respirantes. Un dĂ©fi saluĂ© par la revue MatĂ©riaux & Techniques pour un ratio inĂ©dit : 1 mÂČ de façade ventilo-photovoltaĂŻque produit 48 Wh/jour. Sa mĂ©thode mĂȘle artisanat et numĂ©rique.
- 𧱠Taille sur site : blocs de pierre moulurés à la main pour la base des piliers.
- đ Scan 3D au Lidar pour ajuster les tolĂ©rances à ±3 mm.
- đ BIM niveau 3 partageable avec les lots CVC et Ă©lectricitĂ©.
- đ§Č Levage aimantĂ© rĂ©duisant de 30 % les cycles grue.
- đĄïž Capteurs dâhydratation pour dĂ©clencher le dĂ©coffrage optimal.
Les bĂ©nĂ©fices dĂ©passent le chantier. En 2023, le bloc-bĂ©ton brevetĂ© par Michel gagne le prix « Patrimoine & Innovation » au salon Batimat. Sa singularitĂ© : du chanvre local introduit dans le ciment et un adjuvant issu de vinasses â clin dâĆil aux racines viticoles de Rougeot.
Ce matériau apporte trois atouts :
- â»ïž Empreinte carbone divisĂ©e par deux.
- đĄïž Meilleure rĂ©silience parasismique (module dâĂ©lasticitĂ© +15 %).
- đŹïž Coefficient de diffusion de vapeur optimisĂ©, limitant les moisissures.
Michel, 47 ans, nâen oublie pas la formation. Il offre aux apprentis la possibilitĂ© de rĂ©nover le bĂąti ancien dâun hospice du XVIIá” siĂšcle, condition sine qua non pour accĂ©der aux chantiers high-tech. « On doit comprendre la pierre pour piloter le robot-maçon », rĂ©pĂšte-t-il. Cette pĂ©dagogie inversĂ©e sĂ©duit les compagnons : turnover divisĂ© par trois depuis 2021.
Enfin, lâhomme cultive une passion surprenante : la musique baroque. Sur le chantier dâĂmergence, ses Ă©couteurs diffusent Vivaldi pendant que la centrale Ă bĂ©ton tourne. « Le rythme des cordes mâaide Ă gĂ©rer les cadences grue », confie-t-il aux stagiaires mĂ©dusĂ©s. Ainsi se compose la symphonie de bĂ©ton et de notes qui deviendra lâicĂŽne architecturale de la PresquâĂźle lyonnaise.
La chronique se poursuit avec une virtuose du planning : cap sur les agendas de Sophie Bongarzone.
Sophie Bongarzone : la coordination grands chantiers urbains
Manager un budget de 180 M⏠tout en jonglant avec 17 lots techniques et 1 200 intervenants : bienvenue dans lâagenda millimĂ©trĂ© de Sophie Bongarzone. Originaire de Turin, formĂ©e au Politecnico puis Ă CentraleSupĂ©lec, elle rejoint Rougeot Construction en 2020 pour piloter les opĂ©rations du projet Antipode Rennes. Sa signature : un tableur couleur menthe, des post-its multicolores et la rĂšgle des « 3 V » â visibilitĂ©, variabilitĂ©, valeur.
Premier V, visibilité : chaque intervenant reçoit un « smart-badge » contenant son planning en temps réel. Cela réduit de 22 % les retards selon une étude interne. DeuxiÚme V, variabilité : le plan-gant serait mis à jour toutes les six heures, générant des micro-sprints qui collent aux aléas climatiques. TroisiÚme V, valeur : tout délai compressé se traduit en bonus partagé (0,8 % de la marge redistribuée).
- đ KPI hebdo : Indice de planification passĂ© de 0,71 Ă 0,92 en quinze mois.
- đ§ Surface de chantier : 23 000 mÂČ dâemprise, Ă©quivalent Ă 3 terrains de foot.
- đ€ ParticularitĂ© : salle de concert modulable 1 000 places, acoustique STC 60.
- đ BibliothĂšque musicale associĂ©e : 48 000 vinyles en archive.
- đż Toiture vĂ©gĂ©talisĂ©e : 3 ha plantĂ©s de sedum et de thym breton.
Lâoutil de Sophie nâest pas quâun Gantt ; il se branche sur les notes de frais, les capteurs mĂ©tĂ©o et le serveur BIM. RĂ©sultat : quand la grue principale est en maintenance, lâalgorithme propose instantanĂ©ment un plan B, mobilisant des mini-grues et rĂ©affectant les Ă©quipes de coffrage. Cette flexibilitĂ© battant les standards de Eiffage Construction a inspirĂ© lâuniversitĂ© de Cardiff, qui cite lâapproche dans un article de 2024 sur le « Dynamic Lean Scheduling ».
Pour maintenir la cohĂ©sion, Sophie impose un rituel insolite : la minute « Rien Ă voir ». Chaque matin, un intervenant partage un fun-fact hors chantier â hier, un electricien a prĂ©sentĂ© un origami gĂ©ant en cĂąble RJ45. Le climat de confiance engendrĂ© rĂ©duit les dĂ©clarations de litiges de 37 %. Une statistique Ă mĂ©diter par les majors.
Mois | Retard cumulĂ© (h) | AprĂšs correction (h) | Ăconomie (âŹ) | Emoji |
---|---|---|---|---|
Jan-24 | 56 | 12 | 18 400 | âł |
FĂ©v-24 | 44 | 8 | 13 500 | đ |
Mars-24 | 39 | 6 | 11 200 | đž |
Avr-24 | 61 | 15 | 19 900 | đ |
AprĂšs Rennes, Sophie sâenvole pour un dĂ©fi viticole mĂȘlant chai connectĂ© et amphithéùtre de dĂ©gustation. Lâoccasion de recroiser Adrien Rougeot, lâhomme qui lit le terroir comme on lit un plan dâexĂ©cution.
Adrien Rougeot Viti : bĂątisseur du terroir et pont avec la viticulture
Quand le bĂ©ton rencontre la barrique, Adrien Rougeot sâavance tel un funambuliste entre tradition Ćnologique et ingĂ©nierie contemporaine. Cadet de la lignĂ©e, 33 ans, master en architecture environnementale Ă Lausanne et diplĂŽme dâĆnologie Ă Beaune, il relance en 2021 lâactivitĂ© viticole sous la banniĂšre « Rougeot Viti ». Son credo : proposer aux domaines bourguignons des chais intelligents capables de vieillir le vin et de gĂ©nĂ©rer leur propre Ă©nergie.
Le projet pilote, Ă Puligny-Montrachet, intĂšgre :
- đ Cuves inox connectĂ©es, rĂ©gulĂ©es par IA pour respecter la cinĂ©tique fermentaire.
- âïž Toitures photovoltaĂŻques bifaces, rendement 28 %.
- đš Turbine micro-Ă©olienne dissimulĂ©e derriĂšre le clocher.
- â»ïž RĂ©utilisation des marcs en briquettes biomasse.
- đȘ” Foudres en chĂȘne français issus de forĂȘts gĂ©rĂ©es FSC.
Lâexploit : rĂ©duire la consommation Ă©nergĂ©tique de 42 % par rapport Ă une cave standard. Le domaine signe un PPA (Power Purchase Agreement) avec Rougeot Ănergie, stabilisant sa facture sur 20 ans. La rĂ©gion y voit une vitrine : lâOffice du Tourisme reste bouche bĂ©e devant la salle de dĂ©gustation en bĂ©ton clair, couronnĂ©e dâun plafond voĂ»tĂ© rappelant les caves cisterciennes.
Adrien combine compétences.
- đïž Gros Ćuvre : dalles flottantes sur plots anti-vibrations pour prĂ©server la microbiologie.
- đ°ïž Data-science : un jumeau numĂ©rique anticipe la courbe thermique des barriques.
- đš ScĂ©nographie : Ă©clairage circadien guidant le visiteur de la vigne Ă la cave.
Il partage son savoir au sein du « BĂąti-Viticulteur Lab » rĂ©unissant architectes, tonneliers, Ćnologues et start-uppers. Les Ă©tudiants de lâENSA Dijon planchent sur des prototypes de blocs de terre crue qui rĂ©gulent lâhumiditĂ©. Les retombĂ©es vont au-delĂ du pinot noir : lâagritech y trouve un terrain de jeu pour lâIoT Ă bas dĂ©bit (LoRaWAN).
Indicateur | Valeur 2020 | Valeur 2024 | Ăvolution | Emoji |
---|---|---|---|---|
Consommation kWh/hl | 16,8 | 9,7 | -42 % | ⥠|
Ămission COâ kg/hl | 8,3 | 4,1 | -51 % | đż |
Visiteurs/an | 5 000 | 18 500 | Ă3,7 | đ„ |
Chiffre dâaffaires Rougeot Viti | 1,9 M⏠| 6,4 M⏠| +237 % | đ° |
Le succĂšs attire lâĆil dâacteurs comme Fayat ou Demathieu Bard, qui lorgnent sur ce segment Ă©co-Ćnologique. Mais Rougeot a une arme secrĂšte : une culture terroir que nâimprovisent ni Excel ni capital-riskers. Place maintenant Ă un dĂ©tour comparatif avec les gĂ©ants du BTP.
Synergies avec les géants : Rougeot face à Vinci Construction et consorts
Contrairement Ă lâimage de David contre Goliath, Rougeot ne se positionne plus en outsider, mais en partenaire agile des mastodontes. Les joint-ventures signĂ©es depuis 2022 racontent un modĂšle hybride oĂč chaque acteur apporte sa force.
- đ€ Alliance avec Vinci Construction sur la bretelle ferroviaire TGV21 : Rougeot fournit le gĂ©nie civil VRD, Vinci lâĂ©lectrification.
- đ Co-dĂ©veloppement avec Bouygues Construction dâun module bois-bĂ©ton pour Ă©coles modulaires.
- đ· Consortium avec Spie Batignolles sur le contournement autoroutier de Besançon : Rougeot pilote les bassins de rĂ©tention, Spie les ouvrages dâart.
- đ§âđŹ Projet R&D « HempCrete 2.0 » cofinancĂ© par Eiffage Construction, Fayat et Rougeot.
- đ Plateforme logistique partagĂ©e avec Colas et NGE pour mutualiser les tournĂ©es bĂ©ton.
Pourquoi ces gĂ©ants feront-ils appel Ă un acteur de taille moyenne ? Pour trois raisons inflĂ©chies par lâĂ©poque.
- đ RSE contraignante : les donneurs dâordre exigent 20 % de lots confiĂ©s Ă des PME. Rougeot coche la case diversitĂ© tout en maĂźtrisant des technologies avancĂ©es.
- 𧩠Spécialisation pointue : la maison bourguignonne excelle en BFUP micro-structuré et en hydrogÚne ; deux compétences rares chez les majors.
- ⥠Vitesse de dĂ©cision : un COMEX de cinq personnes tranche en 48 h, lĂ oĂč certains concurrents convoquent trois comitĂ©s.
Dans la pratique, les relations restent Ă©quilibrĂ©es grĂące Ă des matrices dâallocation des risques (MAR) revues tous les trimestres. Un chiffre symbolise la confiance : 97 % des avenants sont signĂ©s sans mĂ©diation. Au regard de la FĂ©dĂ©ration EuropĂ©enne de la Construction, câest un record.
Projet | Co-contractant | Budget (MâŹ) | Part Rougeot | Emoji |
---|---|---|---|---|
TGV21 | Vinci Construction | 210 | 28 % | đ |
Ăcoles Modulaires | Bouygues Construction | 85 | 35 % | đ« |
Contournement Besançon | Spie Batignolles | 120 | 24 % | đŁïž |
HempCrete 2.0 | Eiffage/Fayat | 18 | 33 % | đ§± |
Les analystes notent que la stratégie de « coopétition » permet de maßtriser la volatilité du carnet de commandes. Un modÚle agile que certaines écoles de commerce déjà enseignent sous le nom de « Boucle Rougeot ».
Restons dans le futur proche avec un Ă©clairage sur la formation et lâinnovation.
Perspectives 2025-2035 : formation, innovation et transmission
La rĂ©ussite dâaujourdâhui nâest pas un ticket garanti pour demain. Rougeot lâa bien compris, injectant 4 % de son chiffre dâaffaires dans la R&D, soit autant que certains industriels du CAC 40. Trois axes structurent le plan « Trame 2035 ».
- đ§âđ AcadĂ©mie Rougeot : campus interne de 6 000 mÂČ Ă Beaune, ouvert en septembre 2025, offrant des modules BIM, Ă©nergie et viticulture-bĂątiment.
- đ€ Robotisation : bras exosquelette pour rĂ©duire les TMS, en partenariat avec lâINRS.
- đ CircularitĂ© : centre de revalorisation des dĂ©blais sur site, tachant dâatteindre 90 % de recyclage.
Le campus inclura une ligne pilote de fabrication additive bĂ©ton, capable de couler un mur de 12 m en quatre heures. Pour y parvenir, un consortium mĂȘle fabricants de ciment, start-up IA et laboratoires publics. La premiĂšre production visĂ©e : des abris modulaires dâurgence pour la Croix-Rouge.
Innovation sociale Ă©galement : lâentreprise teste la semaine de quatre jours sur les services support et une rotation 4 Ă 9 h sur le terrain, inspirĂ©e dâun modĂšle scandinave. Les premiers retours montrent une baisse des arrĂȘts maladie de 12 %. Cette flexibilitĂ©, encore taboue chez certains concurrents, constitue un levier dâattraction â 2 000 CV reçus en 2024 pour 110 postes.
Le volet transmission sâĂ©crit aussi au fĂ©minin : lâobjectif « 30 % femmes cadres » Ă horizon 2028 est bien parti (23 % en 2025). Des programmes de mentorat inversĂ© mettent des jeunes diplĂŽmĂ©es en binĂŽme avec des directeurs de plus de 50 ans.
- đ©âđ» Hackathon annuel « Build for Good », 48 h pour prototyper une solution bas-carbone.
- đ Bourse « Hubert Rougeot » finançant thĂšses doctorales sur le BFUP recyclĂ©.
- đ Double diplĂŽme INSA Lyon/AcadĂ©mie Rougeot en Construction & Ănergies.
Sur le front des marchĂ©s, le groupe projette une implantation Ă Barcelone dâici 2027, cible lâAfrique de lâOuest en PPP, et scrute lâhydrogĂšne maritime Ă Marseille. Des partenariats potentiels sont Ă©voquĂ©s avec Eurovia pour lâinfrastructure portuaire et Demathieu Bard sur le bĂ©ton immergĂ©.
Objectif 2030 | Ătat 2025 | ProgrĂšs | Emoji |
---|---|---|---|
90 % dĂ©chets recyclĂ©s | 68 % | +22 pts | â»ïž |
30 % femmes cadres | 23 % | +7 pts | đ© |
50 % CA hors France | 18 % | +32 pts | đ |
COâ â55 % | â31 % | â24 pts | đ |
Le chantier de lâavenir est posĂ©. Reste Ă rĂ©pondre aux interrogations rĂ©currentes que se posent Ă©tudiants, investisseurs et collectivitĂ©s. Quelques Ă©claircissements pour clore la balade parmi ces spĂ©cialistes en construction signĂ©s Rougeot.
Questions fréquentes autour des experts Rougeot
Comment Rougeot finance-t-il sa croissance externe ?
Lâentreprise combine trĂ©sorerie, crĂ©dit long terme et obligations vertes labellisĂ©es par lâAutoritĂ© des MarchĂ©s Financiers. Le ratio dette nette/EBITDA reste contenu Ă 2,1.
Les bétons bas carbone développés par Michel Ruiz sont-ils brevetés ?
Oui, trois brevets europĂ©ens couvrent la formulation « chanvre-vinasse ». Un contrat de licence non exclusif avec deux cimentiers limite les risques de rupture dâapprovisionnement.
LâhydrogĂšne dĂ©ployĂ© Ă Dijon est-il vraiment vert ?
90 % provient dâĂ©lectrolyse alimentĂ©e par un parc solaire de 15 MW. Les 10 % restants sont certifiĂ©s « low-carbon » car issus de pyrogazĂ©ification de biomasse locale.
Quel est le salaire mĂ©dian dâun ingĂ©nieur Rougeot en 2025 ?
Il atteint 52 600 ⏠brut annuel, bonus inclus, soit 7 % au-dessus de la moyenne régionale BTP.
Rougeot compte-t-il entrer en Bourse ?
Le PDG Ă©voque plutĂŽt un family office Ă©largi et lâĂ©mission dâobligations participatives. Aucune IPO nâest prĂ©vue Ă courte Ă©chĂ©ance.